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Le renouveau du Haras du Bocage
Publié le VENDREDI 01 AVRIL 2022


Claire Mercier (notre photo) est au chevet avec Antoine d’une trentaine de jeunes pur-sang.

Propriétaires depuis un peu plus d’un an du Haras du Bocage en Normandie, Claire et Antoine Mercier ont transformé cet établissement historiquement lié aux trotteurs en prestation de grande qualité pour les pur-sang. Elevage, débourrage, pré-entraînement, chevaux au repos,… et forcément beaucoup de boulot. Qu’importe les heures pourvu qu’on ait l’ivresse.

Leur force c’est leur jeunesse. Leurs coudes bien huilés pour dépasser l’insurmontable. La passion du cheval ancrée à jamais. Claire et Antoine Mercier sont partis de rien mais pas de n’importe où. De l’Afasec comme tant d’autres gamins découvrant émerveillés l’envers du décor. Ils ont grandi, appris, bâti une famille, cru en leurs rêves pour devenir aujourd’hui les propriétaires du Haras du Bocage à Canapville dans l’Orne. Un établissement qui, jadis, vit naître les trotteurs au doux label « du Ruel » que « Vanika » éleva au plus haut niveau au début des années 2010. Un beau challenge pour ces amoureux du pur-sang en poste depuis le début de l’année 2021. « Au Haras de Monfort-et-Préaux, qui est depuis devenu Sumbe, mon mari fut, entre autres, étalonnier de Le Havre pendant près de 9 ans. J’y ai également exercé durant cinq années comme premier garçon d’écurie. Sylvain Vidal nous a donné cette envie d’entreprendre, de nous lancer. On s’est alors dit qu’il était temps de mettre notre énergie au service de notre passion. Quitte à bosser dur, autant le faire pour nous. On a eu cette opportunité, à deux pas d’où nous travaillions. De fait, on savait qu’on bénéficierait d’une veine de terre identique ce qui facilite notamment la gestion des herbages. Dans le triangle d’or, en plein Pays d’Auge, la terre est exceptionnelle. L’herbe qui pousse ici, on ne la retrouve pas ailleurs. C’est un gros atout pour l’élevage. Aucun aliment, aucun complément ne remplacera nos prairies. Une herbe de qualité ou vous l’avez ou vous ne l’avez pas. Nous sommes en plus proches de Deauville ce qui nous permet de travailler pour le débourrage ou le pré-entraînement avec des entraîneurs locaux. Enfin se situer entre l’Orne et le Calvados facilite l’accès à la saillie. Nous sommes au croisement de tous les grands haras normands », pointe Claire entre le nettoyage d’un box et un coup de peinture dans un autre.

Une passion partagée en famille

« Tout le monde nous dit qu’on a bien avancé en un an et demi mais nous remarquons surtout qu’il en reste encore beaucoup à faire. Quand nous sommes arrivés ici il n’y avait rien. Aujourd’hui il y a deux pistes entièrement refaites (une en sable de 1000 mètres avec un dénivelé et une plus petite de 350 mètres propre aux débourrages et aux retours à la piste, ndlr), un rond de longe, un marcheur,… On aime bien que tout soit impeccable. Nous sommes dans une période un peu plus creuse avec des chevaux de 2 ans qui quittent le pré-entraînement.  Ceux qui ont couru tout l’hiver vont bientôt arriver pour se reposer. C’est donc un peu plus calme. On a besoin de ces temps morts, de ces deux ou trois mois moins intenses, pour karcheriser les boxes vides et leur apporter un coup de fraîcheur. Pour nous l’hygiène est primordiale. Il faut que ce soit propre pour que tout le monde se sente bien, c’est notre priorité. Ce métier on le comprend ou on ne le comprend pas ! Quand vous n’avez connu que les chevaux depuis que vous êtes toute jeune, la question des horaires ne se pose pas. Ce travail nous paraît si normal. On a la chance d’avoir une fille qui est comme nous très passionnée et qui du coup participe à nos journées, parfois même à nos nuits. Agée de 10 ans, elle sort les juments suitées, sait depuis longtemps réaliser un poulinage, ça me laisse rêveuse. Partager cette passion en famille nous aide énormément. On a souvent l’impression que le soleil ne se couche jamais, mais c’est ce qui est très excitant », reprend celle qui a également pris goût aux courses aux côtés d’Alain Royer-Dupré ou de Nicolas Clément lors de son apprentissage.

"On donne la vie, il y a une part de magie"

Il a néanmoins fallu au couple faire un grand saut dans le vide. Sans possibilité en cas d’échec de se rattraper aux racines. Sans être les enfants de quelqu’un. En s’imposant plutôt comme les alliés de tous. « Le bilan de notre première année d’exercice est plutôt bon avec une trentaine de pur-sang sur le haras toutes activités confondues, à savoir un peu d’élevage, beaucoup de débourrage et de pré-entraînement. Quelques chevaux viennent uniquement se reposer, pour profiter des herbages et reprendre doucement la piste. C’est le cas de National Service qui est un miler de niveau Groupe. Il est parti mardi à Calas chez Jérôme Reynier. Avoir accueilli un cheval de ce niveau dans nos boxes est un honneur. On espère le revoir très bientôt sur un hippodrome. Nos premiers chevaux débourrés viennent également de quitter notre haras et les échos qui nous parviennent de leurs entraîneurs sont positifs. Cela nous encourage. Quant à l’élevage, trois poulains sont déjà nés cette année et on en attend un quatrième. On limite les naissances pour vraiment prendre le temps, faire de la qualité. Pour que nos terres restent belles, il ne faut pas non plus les surcharger » reprend Claire qui, adolescente, voyait déjà son avenir à grande vitesse. « J’avais deux passions, les chevaux et les courses automobile. Petite, j’avais dit sois je serai dans le rallye, soit je serai dans les chevaux. J’ai choisi les chevaux. Ça va moins vite, mais c’est autant d’adrénaline. Je ne regrette absolument rien. Rien n’est plus féérique que l’élevage. On donne la vie. C’est ici que l’histoire commence. Il y a une part de magie, même si rien n’est simple, même si on passe parfois du rose au noir. C’est un métier de tous les instants. Il faut être vigilant tout le temps. Et comme on dit, le travail finit toujours par payer ».

Fabrice Rougier


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