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Ecurie Seconde Chance, une chance tout court
Publié le VENDREDI 03 SEPTEMBRE 2021


De gauche à droite, Sarah, Sylvain, Pauline et Anthony, le cœur de l’écurie Seconde Chance.
 
Ils ont à jamais quitté les hippodromes pour bâtir une nouvelle vie. Les chevaux réformés des courses peuvent désormais s’appuyer sur des structures de reconversion reconnues comme l’Ecurie Seconde Chance, l’une des pionnières dans ce domaine. L’établissement du Maine-et-Loire ouvre de jolies passerelles pour regarder droit devant même quand la fin du match est sifflée.

Les années défilent. Les chevaux effectuent leurs douces rotations sur les hippodromes. Nos anciennes gloires, elles, retombent soudainement dans l’anonymat. Soit après un petit souci de santé, une fin de carrière, une inaptitude à la compétition,… Le jeu s’arrête. Mais une nouvelle partie commence. Sylvain Martin en a défini les règles en 2009. A cette époque, #raceandcare, le hashtag du bien-être équin, n’était déjà pas qu’un slogan. Ainsi apparaissait l’écurie Seconde Chance. Les quelques idées jetées sur un cahier deviendront en quelques mois seulement d’utilité publique, une respiration pour les professionnels. « Sylvain s’est soucié assez rapidement de l’avenir des chevaux réformés des courses. L’écurie Seconde Chance, c’est sa naissance. Il ne s’agit pour moi que d’un bébé d’adoption. J’ai rejoint cette aventure en 2012. Mais nous n’avons rien inventé. De tout temps, des chevaux de courses ont rebondi dans le concours complet ou d’autres activités. Ce qui est vrai, c’est que nous intégrons le cercle très fermé des premières structures françaises entièrement dédiées à la reconversion », précise Amélie qui partage bien plus qu’une passion avec son ingénieux mari. Dans leur établissement du Maine-et-Loire, passent entre 200 et 250 quadrupèdes chaque année qui se découvrent une nouvelle vie. Loin des courses tout en restant proches de leur bonheur.

Une remise à zéro des compteurs

Sur un site de 40 ha, 12 ha sont entièrement réservés à nos « anciens ». « Nous disposons d’une carrière avec quelques obstacles fixes, un rond d’havrincourt pour les faire travailler en liberté et leur faire découvrir de petits obstacles mobiles, on a la chance d’avoir beaucoup de chemins pour les sortir en balade. Nous possédons aussi un barn avec des box qu’on utilise le moins possible, car le but est de les remettre dehors et les préparer pour leur avenir, puis également un espace rééducation attenant aux box,… ». Une prestation de luxe pour des chevaux qui le sont tout autant. Mais pas question pour eux de contempler le paysage sans le moindre effort. Un travail pédagogique débute. Une remise à zéro des compteurs. Des ambitions aussi. Ils peuvent ainsi découvrir une nouvelle spécialité durant de longs mois ou de courtes semaines. « Les chevaux sont comme les gens. Ce sont des vivants. Certains ont des capacités d’adaptation incroyables et ils donnent l’impression d’avoir tout compris en trois semaines. Pur d’autres c’est bien plus long. Ceux qui sont prêts physiquement et qui présentent des qualités attendues pour l’équitation classique, peuvent parfois être mis en ligne sur notre site internet au bout de trois semaines. Plus généralement, d’autres exigeront trois mois de travail.  Nous n’avons pas la prétention de fournir aux futurs propriétaires des chevaux complètement dressés. Nos objectifs se limitent à agir sur leur changement d’environnement et sur leurs nouveaux besoins en alimentation. Ensuite seulement vient l’heure du travail. On ne fait pas de la magie, le but étant de comprendre quel type de cheval on possède entre les mains, de savoir vers quelle discipline on peut le réorienter et quel type de cavalier va leur convenir afin de trouver la bonne alchimie. Pour les gens comme pour les chevaux. Etant donné que cet espace-temps est somme toute assez court, on ne les propose qu’à des gens qui ont au moins un niveau galop cinq, six voire sept. S’approprier un pur-sang c’est quand même très différent d’un poney ou d’un cheval de selle » précise Amélie.

"Trouver une maison où les chevaux se sentiront bien, aimés"

Ce retour aux études est assuré par Pauline Tison, une cavalière fidèle à la maison. Comme la demoiselle connaît mieux que quiconque chaque tempérament, elle gère également le secteur des ventes. Jamais très loin, Sarah Alexandre court vers le moindre bobo, Anthony Beaumont assure la partie technique de l’établissement tandis que Tiphaine Leclerc abonde d’informations et de photos croustillantes les réseaux sociaux pour totaliser sur Facebook près de 60 000 followers sur la page Ecurie Seconde Chance. Malgré cette popularité méritée, la durée de passage à l’écurie reste vous l’aurez compris très aléatoire. « C’est un peu comme sur un site de rencontres (rires). Certains resteront dix jours, d’autres dix mois. Le plus important est de leur trouver une maison où ils se sentiront bien, aimés. Qu’importe le temps que ça doit prendre », poursuit-elle le nez plongé dans les comptes après avoir déposé la relève des Martin au poney-club. Une vie de passion qui voit forcément éclore de belles histoires. Comme celle de Tigre d’Or, vainqueur de listed-race. « Il avait ses petites manières, un tempérament particulier, une personnalité incroyable. Il était très attachant. Nous l’avions eu à 7 ans.  Aujourd’hui, il en a 15 et vit heureux entouré de propriétaires formidables qui nous donnent fréquemment de ses nouvelles. Cohabitent dans notre activité deux sortes de belles histoires : Il y a celle du cheval qui n’était pas fait pour les courses et qui devient un bon partenaire de concours. Comme par exemple Ultramaille qui a tourné au niveau international, et a controrio celles d’anciens petits champions qui ne font rien d’exceptionnel aujourd’hui, mais qui ravissent leurs nouveaux entourages. Evidemment, chaque cheval compte quand il arrive à la maison. On se doit de faire de notre mieux ou plus modestement de faire notre job ».

Fabrice Rougier


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