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Et Stéphane Provoost mit à son tour la main à la pâte...
Publié le VENDREDI 03 DECEMBRE 2021


Alain Provoost, à droite sur l’image, et Stéphane, entouré par François Lecanu et Anthony Barrier, des abonnés des balances du GNT.

Etre à la fois au four et au haras n’a rien d’évident. C’est pourquoi Stéphane Provoost a repris les rênes de l’écurie Danover en 2005. Le voici à la tête d’un empire fort de 1400 victoires construit par son papa, gérant d’une pizzéria à Lisieux, il y a une quarantaine d’années. De la Royale au GNT avec le dressage en dénominateur commun.

Ce dimanche, Deganawidah tentera de devancer une nouvelle fois Crack Money dans la Grande Finale du GNT à Paris-Vincennes. Pour enfiler le maillot jaune et graver son nom dans la roche comme l’avaient fait avant lui Land Danover et Tiger Danover. Au Haras de Pitz, on fait du Tour de France des trotteurs un objectif, comme le souligne l’entraîneur maison, Stéphane Provoost, « J’aime bien jouer le jeu dans cette épreuve. J’ai passé tellement de bons moments auprès de Land Danover…  depuis, dès que je sens un cheval capable de rivaliser dans ce circuit, je n’hésite pas une seconde. Il faut cependant qu’ils encaissent bien les voyages.  La route reste dure à supporter. Quand on descend à Marseille c’est tout de même vingt heures de camion aller-retour. Cela exige aussi de la polyvalence, d’être par exemple à la fois bons gauchers et bons droitiers, et qu’ils soient sûrs car on ne peut pas se permettre d’effectuer tous ces trajets pour commettre l’irréparable au départ. Deganawidah cumule tous ces atouts et ce serait super pour lui de monter sur la première marche du podium. Même si j’ai frôlé l’élimination, à une ou deux reprises, le cheval s’est défendu à toutes les étapes. C’est pourquoi notre seul objectif sera de devancer Crack Money. Il est meilleur que nous à poteau égal, mais force de constater qu’avec vingt-cinq mètres d’avance, on a toujours fini devant lui. Cela dit, l’écurie est peut-être un peu moins performante à Vincennes qu’en province. On ne va donc pas jouer aux forts car quand Cleangame va revenir de son poteau, ça va être quelque chose. S’il fait sa course, il s’imposera de vingt-cinq mètres. Quant à Bad Julry, vainqueur de l’étape du Mans, je l’avais acheté pour m’amuser, pour courir les petits réclamers. Comme au travail, ça allait de mieux en mieux, il a fini par accompagner Deganawidah. Le cheval est tout neuf à 10 ans, sans problèmes de santé majeurs. J’avais bien remarqué qu’il allait mieux que son compagnon de voyage le matin, mais je le pensais prendre une cinquième place, pas plus. Anthony Barrier lui a donné le super parcours en dedans qui a fait la différence », explique Stéphane Provoost à la tête de l’écurie Danover depuis 2005 pour prolonger la belle histoire de Martine et Alain, ses parents, qui appartiennent au monde des courses depuis une quarantaine d’années.

Un bel Hidalgo prêt pour la relève

« Papa a couru en amateurs car un cousin de maman était un petit entraîneur. Il a eu une patte de cheval et tout est parti de là. C’est beau d’en être arrivé là aujourd’hui. Et surtout il s’est fait plaisir. Au tout début, ses produits sortaient sous la dénomination « de Pitz », une sorte de clin d’œil à la pizzéria de mes parents. La réussite de la pizza a fait naître le haras d’où sont notamment sortis les bons Ipsos de Pitz ou Inès de Pitz.  Mon frère, de son côté, avait baptisé quelques-uns de ses chevaux « Hanover ». Malheureusement il est décédé, il y a vingt ans maintenant, d’un accident de voiture. En hommage, on a souhaité appeler tous nos chevaux Hanover, mais cela nous a été refusé car ça existait déjà aux Etats-Unis. Dans le même esprit, on a donc juste changé la première lettre pour ainsi voir apparaître sur les programmes les Danover ». Mais les résultats tardent à venir. Recalé à l’issue de ses études de médecine (merci le numerus clausus pour tous nos déserts médicaux), Stéphane décide alors de mettre la main à la pâte. Pas à Pizza Pasta, sans chauvinisme aucun le meilleur restaurant italien de Lisieux, mais au haras. Une idée royale. Sans jambon ni champignons. « A la base je souhaitais être dentiste. Malheureusement, ils ne prenaient que les 65 premiers à l’examen et je suis arrivé centième. Un peu découragé par cet échec, toujours un peu mordu par les chevaux et constatant que nos employés au haras ne tiraient pas la quintessence de nos chevaux, je me suis dit qu’il fallait tenter quelque chose. Au début, ce fut un peu compliqué, mais au final j’ai fait le bon choix. Aujourd’hui, le haras de Pitz c’est 40 poulinières, un total de deux cents trotteurs sur la structure. Cela dit, il était impératif que les allocations remontent au niveau de 2019. J’avais prévu de tout arrêter si elles avaient poursuivi leur diminution. Je n’ai pas de propriétaires. Ma seule rentrée d’argent provient des gains de courses. Je dépends donc des paris hippiques et des retours sur la filière. Une nouvelle atteinte aurait été celle de trop. Ma priorité reste de payer mes dix salariés et de nourrir mes deux cents chevaux tous les jours. Avec la conjoncture, rien, ni personne ne nous aide à faire tourner ce gros bateau familial. Ce qu’a construit papa en son époque serait impossible aujourd’hui », remarque néanmoins le metteur au point des Danover à la tête d’un patrimoine de 1400 victoires. Et la relève frappe à la porte. « Hermine Girl est la meilleure 2 ans que j’ai entraîné.  Devenir la cinquième ou sixième meilleure pouliche de sa génération nous a contraint souvent aux seconds rôles, mais c’est une super jument adepte des courtes distances. L’an prochain face aux vieux, dans les courses de 5 à 10 ans sur pistes plates, en s’élançant en tête, on va je pense bien s’amuser dans les Grands Prix. Quant à Hidalgo des Noés, s’il ne lui arrive rien, sera dans deux ans notre cheval de GNT ». Pour succéder à « Degana » ? Réponse dimanche !

Fabrice Rougier


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