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Jaïna Gourves, la cavalière aux mains d’art
Publié le VENDREDI 14 AOUT 2020


Des lots qu’elle monte le matin au centre d’entraînement de Deauville à la photographie, Jaïna Gourves a dressé la plus belle des passerelles. Mise en relief par l’hippodrome de La Touques, elle expose douze de ses clichés au Jardin des propriétaires jusqu’à la fin du Meeting. Un passage devenu incontournable pour les professionnels comme pour tout turfiste entre deux courses. 
 
Nos escapades deauvillaises ne se résument pas aux joutes disséminées lors des dix-neuf réunions estivales programmées sur la piste de la Touques. Certes, l’intensité naît souvent dans les boîtes de départ, mais ce bout de territoire cher aux pur-sang libère une atmosphère sans pareil bien au-delà de son spectacle hippique. On aime s’y masser pour la convivialité que génère le lieu, pour l’adrénaline partagée des deux côtés de la lice, pour ses rencontres qui nous transportent d’un univers à un autre, et pour ses innombrables animations toujours appréciées par un public fidèle. On y vit cheval. On vibre, en famille ou entre amis, et au détour des tribunes on découvre parfois le coup de foudre lié à l’ambiance d’un box où se conjuguent le silence et la concentration, aux sourires qu’on y croise, aux frissons provoqués par un regard comme celui de l’entraîneur Yves De Nicolay qui nous fige par sa beauté et son authenticité quand on se balade entre les balances et le rond de présentation. C’est dans ce petit paradis du jardin des propriétaires qu’expose la photographe Jaïna Gourves. Un nom qui peut paraître une énigme dans ce monde hippique que beaucoup pensent clos. Un nom qui ne figure plus sur les programmes depuis quelques années déjà. Mais un nom au mouvement perpétuel qui se murmure à Deauville et qui dépassera bientôt les frontières du centre d’entraînement de la côte normande. Son travail est remarquable. Les douze clichés qui se dressent devant nous interpellent, séduisent, laissent à l’instar d’une image sans voix. Leur bichromie fait du contraste des œuvres d’art. Ils vous laissent pénétrer dans l’arrière-boutique des courses, presque à pas de velours, et vous plongent dans un décor où il fait bon se poser quelques instants entre une listed et une course à conditions. Ils expriment le génie d’une cavalière du matin dont la polyvalence ne connaît aucune limite et qui parcourt depuis 2009 les coulisses du métier. D’abord apprentie chez Christian Scandella, l’un de nos plus brillants formateurs, puis jockey pour Jacques Héloury, à Chazey-sur-Ain, où elle sublimait par deux fois la casaque d’Alexandre Miceli sur Alusive Wells, cette Cévenole d’origine a ensuite rejoint Deauville pour donner un nouveau sens à sa carrière à une époque où les femmes jockeys devaient rivaliser sans décharge.

Un don artistique transmis par son père

Puis l’activité de maman, une autre formidable compétition, l’a sortie des pelotons durant six ans avant de revenir encore plus forte dans l’avant course, opérant aujourd’hui comme cavalière d’entraînement indépendante pour Anastasia Wattel,  Stéphan Cerulis, François-Xavier Belvisi et bien d’autres chez qui chaque victoire porte désormais, dans l’anonymat le plus profond, son empreinte. Dans cette vie mouvementée, galopante et chevaleresque, Jaïna a toujours observé la beauté de chaque geste. Des mains agiles du maréchal-ferrant aux « caresses » bienfaisantes des ostéopathes, de l’habit de lumière du jockey aux visages hâlés par la passion de chaque professionnel. Avec cet œil expert qui nourrit désormais l’objectif de ses plus belles expressions. Cette perfectionniste du matin est une délicieuse artiste que le passé a su façonner comme on prend racine. « Mon papa a toujours été un artiste. Il excellait dans la sculpture sur bois, mais également dans la musique. Il avait aussi été jockey dans sa jeunesse avant qu’une vilaine chute ne le contraigne à stopper sa carrière. J’ai eu envie à mon tour de développer ce côté artistique, d’incarner ces valeurs. Je peins, je dessine, j’écris aussi, mais mon entourage m’a toujours encouragé et conseillé de me lancer dans la photo. Il m’a donné sans cesse confiance, de la force, il m’a aidé à me lancer. Je ne remercierai jamais assez tous mes proches, ni Franck Le Mestre du reste, le directeur de l’hippodrome de La Touques. Quand quelqu’un, comme moi, débarque avec ses petits bagages dans son bureau pour lui présenter son projet, rien ne peut laisser supposer qu’il prenne le temps de regarder votre travail et de vous accorder cette chance d’exposer à Deauville. Pour moi, c’est énorme. Les retours sont vraiment positifs et les gens trouvent globalement cette galerie sympa, notamment ce portrait d’Yves de Nicolay, la pièce maîtresse de l’expo. Ce cliché résume toute l’âme que j’entends donner à mes productions », souligne Jaïna qui parviendra à n’en pas douter à ses objectifs. Son book ne laisse pas insensible et ces douze images, finement extraites par son auteure, signent à elles seules l’émergence d’un nouveau talent. Raphaël et Gabriella peuvent être fiers de leur maman. Et là, il n’y a vraiment pas photo !
 
Fabrice Rougier
 
Retrouvez les photos de Jaïna sur Instagram @divines.darkside    


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