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Jacky Nicoleau, un nouveau buteur chez François Monfort
Publié le VENDREDI 19 MARS 2021


François Monfort a eu le nez creux en enrôlant juste avant le Meeting de Cagnes le jeune jockey Jacky Nicoleau jusqu’alors au service de Benjamin Legros. En l’espace d’un mois, celui qui rêvait, adolescent, de devenir footballeur a mis huit lucarnes imparables dans le Quart Sud-est avant de signer un contrat pour l’entraîneur mayennais. La très bonne affaire du « mercato » hivernal. 

Il se souviendra bien longtemps de son premier hiver cagnois. A 22 ans, arrivant presque sur la pointe des pieds, Jacky Nicoleau s’est immiscé parmi les meilleurs jockeys du meeting azuréen. Avec ses six succès au bord de la Grande Bleue, auxquels on se doit de ne pas omettre deux victoires glanées dans l’intervalle sur les Psf de Lyon et Marseille, le Nantais est devenu en l’espace d’un mois l’invité surprise sur la Riviera, la révélation masculine de la Croisette. Mais c’est encore peu pour celui qui vise un premier rôle sur le long terme. « Rien ne pouvait me laisser supposer, il y a encore quelques semaines, que je réaliserai un si bon début d’année. J’ai fait mes valises pour Cagnes au tout dernier moment. J’ai dû simplement le savoir une bonne semaine avant le lancement du meeting de galop. Avec du recul, ce n’est pas plus mal. Je n’ai pas eu trop le temps de m’y préparer psychologiquement, de gamberger. Il a fallu se mettre au boulot directement. La plupart des chevaux avec lesquels j’ai été associé ont été montés aux ordres, mais surtout au feeling et sans prise de tête. Ils avaient méticuleusement été préparés pour Cagnes. Cette échéance était un réel objectif pour l’écurie de François Monfort », rappelle ce jeune-jockey en vogue qui découvrait pour l’occasion un nouvel environnement professionnel et l’envers du décor d’un meeting.

Un très bon accueil en Mayenne

Tout s’est peut-être joué en quatre jours, au cœur du mois de janvier, du côté de Pornichet-La Baule. Jacky étonne. Jacky explose. Cinq victoires en deux réunions, dont deux pour François Monfort, avec à la clé un premier coup de trois. Le mentor de Senonnes, séduit par cette soudaine association entamée en décembre, lui propose alors un scénario azuréen sur mesure. Une belle histoire sans épilogue. L’aventure se poursuivra bel et bien entre les deux professionnels. « Quitter Cagnes, après tant de bonnes sensations, aurait pu être terrible moralement, mais monsieur Monfort m’a proposé de rejoindre son effectif. Du coup, la pilule est moins amère d’autant plus qu’il m’a, depuis, largement retémoigné sa confiance, notamment dans un Quinté. J’ai donc quitté Nort-sur-Erdre pour la Mayenne où j’ai très bien été accueilli. J’ai pas mal d’amis sur place qui m’ont aidé à m’installer et rapidement mis dans l’ambiance. Je reste toutefois très reconnaissant envers mon ex-patron, Benjamin Legros, chez qui je suis resté deux ans et demi et qui a beaucoup compté. Il a véritablement lancé ma carrière » reprend le lauréat avec Sweet Serenade, pour son nouveau patron, du Grand Prix des Jeunes-Jockeys et apprentis sur la Côte d’Azur. « C’est selon moi le résultat le plus gratifiant obtenu dans les Alpes-Maritimes. Il couronne un début de saison qui m’a permis de faire le plein de confiance. A moi désormais de conserver la même cadence, de ne pas m’endormir et toujours aller de l’avant. Rien n’est jamais acquis aux courses ». Sauf peut-être ses quarante-huit succès, dont treize signés depuis le début du mois de janvier qui le placent dans le Top 10 de sa corporation.

Une petite centaine de chevaux pour briller

« Si ça continue ainsi, le passage chez les professionnels pourrait arriver plus vite que je ne l’imaginais. Je n’en fais, cela dit, pas une priorité. Tout le monde sait combien la perte de la décharge peut peser lourd dans le parcours d’un jeune jockey. Faire déjà une trentaine de gagnants dans l’année tout en m’imposant dans de belles courses serait une sacrée performance. Chez monsieur Monfort nous avons à disposition une petite centaine de chevaux de tous niveaux. Il y a vraiment de quoi faire. Pour cela, il faudra travailler dur. Ne serait-ce que pour justifier les espoirs qui ont été placés en moi ». Jacky Nicoleau a toujours le vent du large en poupe.  Quand on ne pèse que cinquante kilos chaque rafale vous emporte encore plus loin. Parfois même jusqu’aux portes de Paris. Une possibilité à laquelle il avoue avoir songé un instant. « J’ai toujours exercé dans ma région. Mais ne croyez pas que les voyages me font peur. En fin d’année dernière, j’avais envie de rejoindre une écurie de la Capitale. Avec mon agent, on a eu un vrai débat autour de cette question. Au final, on a fait le constat que les trois-quarts de mes clients habitaient dans l’Ouest. J’apprécie la fidélité et je me suis ravisé. Dans la vie, le plus important à mes yeux est de ne jamais perdre ce que l’on possède, ni les gens qu’on apprécie. Et pour l’instant, je prends énormément de plaisir dans tout ce que je fais. Je ne connais ni remords, ni regrets ».  Sauf peut-être celui d’avoir été recalé dans sa jeunesse, en raison de son poids et de sa taille, aux détections pour intégrer le centre de formation du FC Nantes-Atlantique. Waldemar Kita et Antoine Kombouaré s’en mordent certainement encore les doigts alors qu’ils cherchent désespérément la solution pour s’extraire en Ligue 1 de la zone de relégation. François Monfort ne les remerciera jamais assez. L’équipe première de Senonnes, elle, n’a pas raté son « mercato » en faisant signer l’un des meilleurs espoirs du galop, un vrai goleador.

Fabrice Rougier


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