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Christophe Feyte le magicien d’Eauze
Publié le DIMANCHE 22 MAI 2022


Avec seulement quarante trotteurs, poulains y compris, Christophe Feyte, basé à Castillonnès, réussit chaque année à présenter une trentaine de gagnants, dont les « Dropt » issus de l’élevage familial. C’est du reste un produit maison, Ecrin du Dropt, qui s’est imposé dimanche dans l’étape du Trophée Vert à Eauze. En sulky… direction le Lot-et-Garonne.

Après Eight à L’Isle-sur-la-Sorgue, Caliméro du Thiole à Ecommoy, Ecrin du Dropt a fait sienne, dimanche la troisième étape du Trophée Vert à Eauze pour se hisser en toute logique dans le bon trio au classement général. Comme nous l’avions fait avec Victoriane Goetz et Matthieu Varin, nous sommes donc allés à la rencontre de Christophe Feyte, valeur sûre dans le Sud-ouest et même bien au-delà depuis que sa jument Doria Desbois a enlevé le Critérium Continental (Grp. I) à Vincennes avant d’interrompre brutalement sa carrière en raison d’une blessure à un tendon. Beaucoup en faisaient en 2018 une prétendante au Prix d’Amérique. Bref, l’écurie Feyte est un gage de sérieux avec en prime l’accent du Sud-ouest. Installé près de Castillonnès, dans le Lot-et-Garonne, Christophe a depuis une quinzaine d’années repris la florissante entreprise de Gilbert Lemière, l’un de ses premiers maîtres d’apprentissage devenu depuis son beau-père. L’homme des « Dropt » ! « Nous avons toujours eu de bons éléments à l’écurie. A une époque, Gilles avait beaucoup sollicité Ténor de Baune pour saillir ses juments. Ecrin du Dropt est un descendant de Bel Hêtre qui avait gagné le Prix Marcouty en 1991. On n’a pas forcément d’origines favorisant la précocité, mais c’est sympa d’avoir des chevaux de ce calibre même si je serais ravi de sortir un vrai petit crack de notre élevage », confie Christophe.

Ecrin du Dropt le miraculé

C’est dans nos gênes d’en vouloir toujours plus, mais le professionnel du Sud-ouest s’en donne les moyens en limitant son effectif. « Avec les « K » on arrive à 40 trotteurs dont 25 à 30 prêts à courir. Jamais au-dessus. J’ai voulu m’y essayer au début de mon installation, mais selon moi je ne faisais pas du bon boulot. Je préfère prendre plus de temps avec certains quand la situation le nécessite ». Et Christophe Feyte sait de quoi il parle. Nombreux sont ses soldats à s’être relevés après des mois, voire des années, compliqués. « D’avoir couru Ecrin du Dropt au monté à Vichy juste avant sa sortie dans le Trophée Vert l’a réveillé. Je l’avais beaucoup plus tonique.  C’est un cheval qui a eu de gros soucis de santé. Si j’avais écouté les vétérinaires, il ne serait plus sur un champ de course. Mais le temps a fait qu’on a pu le sauver et désormais parler d’avenir. Je vais sûrement le présenter pour la cinquième étape à Erbray le 19 juin avant d’enchaîner sur une course à Royan un hippodrome sur lequel j’ai une constante réussite. Mais c’est bien d’avoir gagné à la maison. En plus le jumelé est formé par deux trotteurs du Sud-ouest ce qui démontre que ça trotte un peu dans la région », reprend l’entraîneur-driver. Autre pensionnaire resté longtemps sur la touche, Entre Amis a pour sa part pris une belle troisième place derrière Farell Seven et Flamme Vive lundi à Vichy. « Et encore s’il y avait eu cinq mètres de plus on dominait la partenaire de « Moustik » (Anthony Barrier, ndlr). En raison d’un bout d’os dans le pied, il a dû subir deux interventions chirurgicales. Quatre vétérinaires différents m’avaient prédit qu’il boiterait toute sa vie. Mon beau-père a donc décidé avec Richard Sie, son propriétaire, et Guy Vigier, son éleveur, de le mettre au champ en espérant que le temps fasse son travail. Quand je l’ai repris le matin, plus d’un an après, il s’’est avéré qu’il ne boitait plus. Depuis, en deux saisons, on a pris plus de 100 000 € d’allocations. Pour moi s’il ne lui arrive rien, il pourra regarder dans les yeux certains vieux dans les courses fermées l’hiver prochain à Paris. 

Herodo Bello va faire un futur bon 

Extrême Desbois est pour sa part compliqué à gauche. Il a un boulet qui lui fait un peu mal depuis deux ans. Après sa victoire à Agen il est parti un mois à la mer. Ça lui a fait du bien mentalement, mais pas forcément pour son boulet. Il a néanmoins repris le travail. On va essayer de préparer l’étape du GNT à Toulouse avant le Trophée Vert à Royan où il rejoindra Ecrin du Dropt. S’il avait été aussi simple que Doria Desbois, il aurait déjà 500 000€ au compteur, mais les produits de Tornado Bello restent un peu compliqués dans la tête bien qu’étant durs.  Il est très gentil. Mon fils de 8 ans va le chercher dans le pré. Le cheval baisse la tête tout seul pour qu’il puisse lui passer le licol. Mais il reste toujours aussi fougueux en course. Flash du Dropt a fourni une bonne rentrée dans une course sélective à Langon où il trottait 1’15’’9. Il a eu une vraie course. Avec un tour de plus on s’imposait. Même s’il a été un peu pris de vitesse dans le parcours, les autres ont fini cuits alors que lui ne demandait qu’à avancer. Dimanche, à Royan, on le mettra en ambiance course, en le déferrant des quatre. Espoir du Dropt, fautif à Vichy, est à reprendre. Tout est de ma faute, je suis venu trop tard. Gwendolo Bello, grâce à ses chronos réalisés à Vincennes, est en plein dans sa première saison de monte. Je le préserve car ça le fatigue. Il sera opérationnel pour juin avec deux engagements à Bordeaux puis à Toulouse. Herodo Bello, a remporté l’an passé la Finale régionale des 4 ans de belle manière. Déferré c’est un autre cheval. Ça va faire un futur bon. Attention, la génération des « J » est également très prometteuse ». Un concentré d’informations du Sud-ouest, élue plus belle région de France selon l’intéressé. « Pour rien au monde je ne serai parti d’ici. Ne cherchez pas ailleurs la meilleure fédération, en termes d’entente entre les gars, c’est la nôtre. Je m’en aperçois quand je cours à l’extérieur à droite et à gauche. Quant aux jeunes, ils ne respectent plus rien. Les mentalités évoluent. Formatés par leurs parents, ils ne comprennent pas le rythme imposé. Qu’on travaille sur du vivant. Ils n’ont qu’une envie, celle de porter la casaque et de se prendre pour des vedettes. Ça fait un mois que j’ai posté une annonce pour trouver un salarié, je n’ai pas eu un appel. On est pourtant pas mal situé avec les grandes villes à proximité. Le climat est bon, l’ambiance sympa. Des entraîneurs ont certainement abusé sur les horaires. Pas chez nous. On essaie de faire en sorte que tout se passe bien. Quand on gagne une course, tous les employés se retrouvent à la maison la semaine suivante pour boire le Champagne.  Anthony Honoré m’accompagne depuis mon installation, Grégory Toque est apprenti chez moi depuis 5 ans, c’est signe qu’on doit s’y sentir bien ».

Fabrice Rougier


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