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Charley Mottier toujours plus proche des Elites
Publié le VENDREDI 24 SEPTEMBRE 2021


Vingt et vingt-six ans après les deuxièmes places de Instant Gédé et de Cactus de Tessé dans le Prix des Elites (Grp. I), Charley Mottier, installé comme entraîneur depuis quatre années dans un cocon familial, tentera de marcher sur les traces de son papa, Patrick, en présentant dimanche Hilyrose d’Icelea, épatante lauréate dans le Prix Cénéri-Forcinal. Le jeune professionnel mayennais évoque cette candidature et un début de carrière bien au-delà de toutes promesses.   

Ténébreux ou convivial, irrité ou apaisé, Charley Mottier ne fera jamais l’unanimité. Pour s’ériger face à sa réussite, certains iront même jusqu’à le stigmatiser, le brimer. Le professionnel mayennais fait le dos rond. Laisse passer l’orage. Il préfère se soucier des siens. Enchaîner les succès. Cinquante-deux rien que depuis le début de l’année, ce qui en fait après quatre ans d’installation dans l’écurie familiale sa meilleure saison. Et pourtant, rien ne laissait présager un tel début de carrière. Certaines étoiles brillent donc plus que d’autres sur le Haras de Perroux. L’espoir comme toujours passe par leurs lueurs. « Il est vrai que je n’avais pas beaucoup de chevaux à mes débuts. Mais il en faut parfois peu pour que tout se passe bien. L’année 2019 avait déjà été au-delà de nos espérances. On pensait donc faire difficilement mieux en 2020 et au final on a doublé notre contingent de victoires. C’était énorme. Happiness Ellis nous a projetés sur le devant de la scène. J’ai eu énormément de chance de tomber d’emblée sur des trotteurs qui allaient bien. Preuve en est avec Gimhagine Nobless que j’ai personnellement débourrée. Pour une première expérience, je pouvais difficilement imaginer qu’elle me permettrait quelques mois plus tard de remporter mon premier Groupe III. A l’aurore de ma carrière d’entraîneur, Empress Pat m’avait aussi très vite permis de gagner ma première à Vincennes. C’est de la bonne récup’. Cette soudaine réussite m’a emmené d’autres chevaux, de nouveaux clients aussi. Je ne suis pas de ceux qui se tracent des objectifs, mais force est de constater qu’il me reste encore plein de marches à monter. Il faut déjà profiter de ce qu’il nous arrive. Je suis bien conscient qu’aux courses rien n’est éternel » précise Charley dont la petite entreprise (une quinzaine de compétiteurs en continu grâce au turnover) se gère dans la plus stricte intimité. « Avec Alexis Grimault, mon beau-frère, nous travaillons ensemble. Si chacun gère son propre effectif, on utilise la même méthode. Ma sœur et ma maman s’occupent de la partie administrative, ce qui m’allège d’un gros poids sur les épaules. Seul, je serais incapable de le faire. Disons que c’est à la fois agréable et utile. On a été élevés comme ça, dans un esprit très familial. C’est très important dans ce métier d’avoir des liens sur qui on peut en quelconque circonstance s’appuyer. Jules Leroulley nous a rejoints en mars. Alexandre Bodin effectue chez nous son apprentissage depuis deux ans. On s’entend tous très bien. On exerce dans la bonne humeur, ce qui est bénéfique pour le personnel et les trotteurs. Vous le voyez, ce n’est pas bien grand chez nous, mais l’on s’y sent bien. La piste, notre principal outil de travail, ne fait que 750 mètres. On s’adapte et les résultats le prouvent », poursuit le cousin de Mathieu Mottier.

"Cela ferait immensément plaisir à mes grands-parents et à ma maman"

L’étrier d’or 2020, en passe de soulever le trophée pour une seconde année consécutive, aura une lourde responsabilité dimanche en sellant Hilyrose d’Icelea dans le Prix des Elites (Grp. I). Le hasard de la vie donne rendez-vous à toute une famille qui célébrera le vingtième anniversaire de la deuxième place de Instant Gédé, alors entraîné par Patrick Mottier, « PM », le papa de Charley. « C’est la petite touche supplémentaire qui marque. Participer à un Prix des Elites, c’est quand même quelque chose. J’étais très jeune à l’époque et n’en conserve que de vagues souvenirs. Il nous reste les cassettes pour revivre, c’est le cas de le dire, l’instant. Imiter papa deux décennies plus tard ferait immensément plaisir à mes grands-parents et à ma maman. On se laisse tenter parce que la jument est en forme, parce qu’elle sera sur sa distance, parce que le lot nous permet d’espérer. Si je partais dans l’optique d’être sixième, je n’aurais pas couru. Dans ma tête je me vois quatrième, voire mieux. Donc, c’est du bonus. Hilyrose devait partir en vacances après le « Cénéri-Forcinal », mais elle semble dans une telle forme qu’elle va patienter quinze jours de plus. Le Prix de Normandie, disputé dimanche dernier, nous préservera de quelques « G » comme Gladys des Plaines. Tant mieux, c’est une adversaire de taille en moins et perdre mon jockey m’aurait embêté. Les « H », on les a battus, donc on n’est pas moins bons qu’eux. Hirondelle du Rib sera toutefois déferrée et paraît dans ces conditions meilleure que nous. Quant aux « I » ils sont costauds, mais on garde l’avantage du déferrage, c’est ce qui fera la différence. Le dernier 3 ans à avoir gagné cette course en tête demeure Dollar Macker en 2016, donc c’est faisable. Il y aura certes Ici c’est Paris en tête, mais pas seulement. Girly Béco est performante sur les courtes distances, déferrée Hirondelle du Rib a tout d’un gros morceau. Hope On Victory a réalisé une sacrée perf derrière nous dans le « Cénéri ». Reste à savoir si en venant de derrière elle sera aussi percutante. Après… on conserve toutes nos chances. Le vrai objectif on l’a remporté, mais autant se faire plaisir car la jument n’a pas l’air marquée par sa victoire. Le prochain objectif, le vrai, il n’est pas sportif mais sentimental. Il s’agira du Prix Patrick-Mottier le 9 octobre à Laval avec Elixir Wind. Je suis un peu loin aux gains. S’il reste engagé, une chose est sûre, il sera prêt. Les victoires qui dégagent de l’émotion seront toujours plus sympas à mes yeux que les autres ». Attention, car dans cette grande dynastie du trot, depuis plusieurs générations, on ne fait décidément pas les choses à « Mottier »…

Fabrice Rougier


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