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Avec Jess Parize le galop se lève à l’Est
Publié le VENDREDI 27 MAI 2022


Seul entraîneur public à résidence à Wissembourg, à la frontière allemande, Jess Parize conduit la carrière d’une vingtaine de pur-sang après un grand nettoyage de printemps. Parti de rien, en quinze ans l’entraîneur alsacien a su propulser au sommet des Quintés nombre de ses pensionnaires comme Kourdo, Simano, Taratchi,… Et la relève tend à montrer le bout du nez pour asseoir une constante régularité.

En trois quinquennats, Jess Parize est réellement devenu le président de Wissembourg dans le Nord de l’Alsace. Avec une vingtaine de pur-sang, il accompagne tous les matins sur les pistes en bordure de la Lauter plusieurs permis d’entraîner et Michel Krebs de manière plus occasionnelle. Un véritable porte-drapeau pour toute une communauté. « Ici, les locaux, les régionaux, le public et tous les gens qui nous entourent sont très fiers du travail qu’on accomplit. Quand on fait un gagnant, c’est toute la ville qui est contente pour nous. On ne voit ça nulle part ailleurs. Et en plus on travaille dans un endroit vraiment magnifique en pleine forêt ». Jess Parize a planté le décor. Qu’importe la rigueur des matins de janvier. Lui et ses compagnons de boxes ne la connaissent plus depuis longtemps. « L’hiver on déménage à Cagnes. On fuit le peu de désavantages ». Avec, pour ne rien gâcher, de très bons résultats. Sauf peut-être en ce début d’année sans que cela n’inquiète le metteur au point. « Ce fut il est vrai un peu plus compliqué. Chez nous les chevaux vieillissent bien, mais malgré tout ils prennent de l’âge. Du côté des 3 ans, force est de constater que le niveau était très relevé sur la Côte d’Azur. Cela m’a permis de tester et de sélectionner les poulains, car ça fait aussi partie de notre job. Quand ils ne sont pas assez doués, mieux vaut s’en séparer plutôt que de faire de la garderie. J’en ai profité pour réduire mon effectif et me concentrer sur les chevaux essentiels. Dix compétiteurs en moins ça ne pèse pas lourd quand on est à la tête d’une centaine de galopeurs, mais quand on en a trente, cela représente un tiers. Ceux qui restent ont donc tous du potentiel. Je prépare aussi quelques poulains de l’élevage Chopard qui m’apportent beaucoup de satisfaction au travail », prévient Jess dont le mois de mai, avec quatre succès, augure déjà des beaux jours. « Les courses c’est mathématique. Après la pluie revient toujours le beau temps. Nous nous sommes retrouvés en retard de gains. Les chevaux ont vu leur valeur handicap dégringoler ce qui nous replace dans la compétition. Quelques beaux engagements se présentent. Le programme se veut plus favorable ». A Wissembourg, l’heure est à la transition. A la reconstruction forcée après les départs à la retraite de piliers comme Mortrée ou Simano. « C’est le cycle de la vie. Ils ont quitté mon établissement en bonne santé et c’est pour moi primordial. Ils profitent d’un repos mérité. Il faut aujourd’hui penser à la relève. Sans oublier le passé.  Je les ai en tout cas beaucoup aimés et ils restent gravés dans mon cœur même s’ils ne sont plus chez moi. Prenez par exemple Simano. Sa mère était Si Amène, l’une des premières juments que j’ai accueillie au moment de mon installation. Elle venait de chez monsieur Lucas du Haras de Préaux et elle fut ma première gagnante avant de s’imposer à Longchamp. Simano m’a offert quant à lui mon premier Quinté en qualité d’éleveur. Tout cela génère de l’affection. Taratchi était aussi une vraie machine de guerre, un cheval vraiment sympa. Il a été capable de remporter deux Quintés à la suite et ça c’est beau ». Sans oublier d’évoquer ensemble Kourdo, acteur de son premier Quinté, Solojorie avec qui il remportait une étape du Défi du Galop à Cagnes, et bien d’autres.

"Je préfère être un grand chez les petits..."

De prophète en son pays, l’homme est devenu un sérieux rival sur tous les anneaux du territoire. Sans pour autant choisir la simplicité. « Je suis parti de pas grand-chose. Il y a quinze ans, on a démarré l’aventure au mois de mai avec des 2 ans que personne n’avait voulu six mois auparavant. Avec peu, on a néanmoins réussi à monter en puissance. Non sans beaucoup de travail. Parfois je me suis trompé, mais j’ai beaucoup appris de mes erreurs.  Puis on évolue, on essaye d’avancer en tentant de conserver ce que l’on a tout en développant l’activité. J’ai commencé ce métier par l’école des jockeys à Chantilly. Ensuite, en la personne de François Doumen, j’ai eu la chance de tomber sur un excellent maître d’apprentissage. Puis, durant tout mon parcours, j’ai rencontré des personnes incroyables qui m’ont beaucoup inspiré. Je continue du reste à en apprendre chaque jour. Tout en aspirant, comme tout le monde, de tomber sur le cheval pour rivaliser au plus haut niveau. Mais un crack c’est un papier, des origines et un budget. Si un jour un client arrive avec la matière première pour réaliser une grande carrière, bien sûr que cela m’intéresserait ne serait-ce que pour savoir ce que ça donnerait. En attendant, je reste dans ma catégorie, dans les handicaps, les courses à réclamer ou à conditions, des catégories où je ne m’en sors pas trop mal, et qui me permettent de conserver d’une année sur l’autre une sorte de régularité. Ce n’est déjà pas si mal. Je préfère être un grand chez les petits plutôt qu’un petit chez les grands ». Un jour, un champion se lèvera à l’Est. Comme un soleil ! Afin de briller dans les Groupe I à ParisLongchamp, Saint-Cloud et Chantilly et de scander comme à Wissembourg d’une seule voix « Ici c’est Parize ! ».


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