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En Dylan Garcia, Crusoé retrouve son Vendredi
Publié le VENDREDI 28 AOUT 2020


Dylan Garcia gagne à Vibraye avec Crusoé d'Anama juste avant sa victoire de Quinté. Photo : Claudie Liger.

Au service de Jean-Michel Bazire depuis trois mois, jour pour jour,  Dylan Garcia, l’apprenti-en-chef de l’hippodrome de Cagnes, a rapidement pris ses marques. A peine arrivé dans la Sarthe, il révélait Crusoé d’Anama à Vibraye avant qu’il ne remporte lundi un Quinté avec le boss au sulky à Vincennes. Le jeune isérois n’a pas fini d’aller de surprise en surprise.

Bercé au bruit des sabots de l’écurie de Loris Garcia, à mi-chemin entre Lyon et Grenoble, Dylan Garcia s’est rapidement improvisé, depuis le milieu de la décennie, chef-de-file des apprentis du quart Sud-est notamment à Cagnes où il a remporté une grande partie de ses trente-trois succès. Adroit dans un fiacre, la tête bien soudée sur les épaules, il n’a guère tergiversé quand la proposition lui a été faite de découvrir un autre univers. Pas n’importe lequel, non ! Celui de Jean-Michel Bazire. Le doux rêve de cette jeune génération qui à l’aube de sa carrière a vu le multiple sulky d’or briller tel un soleil. Cette opportunité, il l’a saisie le 29 mai dernier, rejoignant la « dream team » déjà installée à La Bodinière. Une immersion somme toute facilitée par la complicité d’une équipe qui fabrique chaque lendemain. « Je n’ai vraiment connu aucun souci d’intégration. Ici il n’y a pas de passe-droits. Dès ton arrivée, tu es à armes égales avec tout le monde. Seul le boulot appelle la récompense. Nous sommes cinq apprentis au total, mais j’ai cet avantage, après dix saisons de licence, d’être celui qui a le plus couru et le plus gagné. Il faut le reconnaître, cela m’a aussi un peu aidé », constate le jeune homme qui a déjà trotté le matin des éléments comme l’intraitable Elie de Beaufour, le prometteur Guevara du Pont, Espoir Wic, Fidèle Royal, mais c’est pour Bo C. qu’il affiche un coup de coeur. « Il est à la fois bon, beau et gentil », nous avouait-il. A l’image d’un patron que Dylan ne nous présentera toutefois pas en ces termes, bien que…

"Etre le plus complémentaire possible"

« Si l’on me demandait ce qu’il m’a le plus marqué depuis mon arrivée, je répondrais sans hésitation Jean-Michel Bazire. L’homme. Pour diverses raisons. Sa manière d’entraîner bien entendu. Il a un œil sur tout. Il connait ses chevaux par cœur. Et en même temps, il te laisse une grande liberté. Il le dit lui-même, on n’a pas tous la même main, ni  la même façon d’être. Ici, le but recherché est d’être le plus complémentaire possible, surtout pas que telle ou telle personne aille plus vite que l’autre. Jean-Michel parle peu. Il observe. Mais il va toujours te livrer ses impressions. Il a une réflexion très différente, toujours pertinente. Où il est très fort c’est qu’il entraîne comme il drive. C’est-à-dire qu’il va préparer ses chevaux de la manière dont il les utilisera en course, en produisant une grosse accélération tout en soutenant l’effort. Il tire du train sans les mettre dans le rouge, sans les « tuer ». C’est impressionnant
 », reconnaît Dylan dont les journées défilent sans voir les aiguilles trotter. « Ici, la routine n’existe pas. Tu vas toucher un peu à tout. Outre la préparation des chevaux, tu vas t’occuper des poulains, parfois même de l’élevage et des foals, tu passes du bricolage au jardinage, tu soignes les terres, les pistes, donc tu as un éventail de tâches très diverses mais tout le monde s’y attèle, commence et finit à la même heure. Nous sommes tous logés à la même enseigne. Ces trois mois m’ont déjà appris à devenir encore plus perfectionniste, à faire plus attention au détail et à moins se poser de questions. Quand tu trottes tous les jours des sujets de qualité, tu capitalises de l’assurance, tu  gagnes en confiance ». Et parfois le bonheur frappe à votre porte. Comme lors de sa rencontre avec Crusoé d’Anama. Même si l’on ne s’en aperçoit pas au premier coup d’œil.

Au bon endroit, au bon moment...

« Avec Crusoé j’ai été au bon endroit au bon moment. Il est arrivé un jour où mes collègues disposaient de beaucoup de chevaux. J’en avais un peu moins sous mon aile et Jean-Michel m’a dit prends-le, tout en me précisant que ce ne serait pas facile. La première fois que je suis monté derrière je me suis dit en effet que ça n’allait pas être marrant tous les jours. Poulain, il devait être sacrément turbulent. Aude Lemoine a dû faire un sacré boulot pour autant le monter en gains. Le matin, nerveux pour ne pas dire insupportable, il montrait cependant beaucoup d’envie, allant toujours de l’avant, ne marquant jamais de pause alors qu’il fournissait quand même des séquences assez soutenues aux côtés de Fairplay d’Urzy en pleine préparation du Critérium pour samedi. Il n’avait jamais molli et là on se dit qu’il y a quelque chose de grand à faire. J’ai ensuite gagné facilement sur l’herbe de Vibraye. Beaucoup pensent que sa victoire de Quinté a été surprenante. Pas moi à l’égard de la charge de boulot qu’il avait connue. Du reste, Jean-Michel était très content du travail de toute l’équipe. Avoir un minimum de reconnaissance pour ses employés c’est extrêmement motivant pour la suite ». Le songe d’un premier Meeting d’hiver à Grosbois envahit désormais Dylan même si rien n’est encore écrit. « Pour acquérir de l’expérience, il n’y a rien de mieux que d’être sur place dans ce qui reste l’événement de l’année pour notre discipline. On verra bien. Avec Crusoé, j’ai mis la seule vraie cartouche que j’ai eue au centre de la cible. Ce n’est j’espère qu’un début ».   
 
Fabrice Rougier


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